C'est en 1967 sur l'île de la Jamaïque que le Disc jockey Rudy Redwood du très célèbre sound-system Supreme Ruler Of Sound va diffuser par accident le premier morceau de reggae en version instrumentale (c'est-à-dire sans la partie vocale) dans un dancehall. Cette erreur involontaire est en fait due à un mauvais pressage du vinyl. La surprise est immense et le public est alors très réceptif. Le DJ va immédiatement en parler au producteur du label Treasure Isle, Duke Reid, qui est à l'époque le plus important de Jamaïque et qui va dès lors éditer les 45 tours des groupes locaux avec en face B les versions instrumentales des morceaux.
Ce n'est que quelques mois plus tard que l'ingénieur du son Osbourne Ruddock, alias King Tubby, très impressionné par les prestations du sound-system, va se lancer dans des expérimentations sur ces versions instrumentales : il a l'idée de graver ses dubplates de manière à amplifier l'espace sonore du couple basse/batterie, en atténuant les voix sous des effets de réverbération. S'il est difficile de savoir qui a réellement créé ce nouveau genre musical, Tubby est néanmoins le producteur par lequel le mouvement s'est développé, en inventant ou popularisant la plupart des effets (basses saturées, réverbération, écho, phaser...) qui définissent le style. Nous sommes en 1968 et le dub vient alors de naitre.
Rapidement développé par des artistes tels que Lee Scratch Perry, Bunny Lee ou Jah Shaka, jusqu'alors preneurs de son de groupes de reggae, le style va se caractériser par une accentuation rythmique lourde et dépouillée, sur une mélodie squelettique et une ligne de basse mise en valeur à l'aide d'effets qui vont alors permettre au disc-jockey de faire un spectacle sonore très captivant. D'autres artistes signeront des compositions intégralement dub qui achèveront de populariser le mouvement, tels Linton Kwesi Johnson, fer de lance de la "dub poetry", ou Augustus Pablo qui, dans un album produit par King Tubby, fit connaitre le mélodica au monde entier. Errol Thompson enfin, enregistre en 1970 le premier disque de reggae intégralement instrumental.
Autour des années 1980 de nombreux musiciens et groupes de reggae se sont mis à développer de nouvelles techniques de production qui firent grandement avancer le dub par la suite. Il faut citer le groupe The Revolutionaries ou les artistes Prince Jammy et Scientist, qui multiplient les effets (notamment l'equalizer) sur leurs morceaux. Le célèbre couple rythmique Sly & Robbie fut également à l'origine des rythmes "rockers" qui donneront les "steppers" du dub des années 1990.
Comment la reconnaitre ?
o Roots Dub : Remix "dub plates" de riddims originaux. C'est le premier dub, les premières expérimentations originellement produites sur les faces B des vinyles.
o Dub Poetry (ou Skeapen Voice) : Qui regroupe le dub et la poésie. C'est un peu le retour des partitions vocales dans le dub, un style souvent écarté par les puristes car il rappelle en fait le reggae.
o Dub Instrumental : Reggae exclusivement sans paroles, avec ou sans écho.
o Dub Stepper : Le "pied" ou beat est nettement mis en valeur. Sur une mesure à quatre temps la grosse caisse marque chaque temps de façon cyclique. Ce son est plutôt qualifié de britannique
o Dub Ambient ou Abstract Dub : Souvent produit par un artiste seul aux machines, ce style bénéficie d'un gros apport d'électronique où l'ambiance sonore est planante. Parfois nommé "Dark Dub" le son se caractérise par des mélodies poignantes et mélancoliques.
o Dub Techno ou Dub Minimaliste : produit le plus souvent par des artistes issus de la scène Techno et/ou House underground, le style se reconnaît grâce à une structure musicale extrêmement épurée. Les mélodies sont réduites, sur une section rythmique très simple. La scène électronique allemande reste la plus représentative de ce son.
o Novo Dub : joué par des instruments en live (par opposition au remix) avec beaucoup d'effets comme le delay ou le cut-off. Les parties de batterie sont souvent agrémentées de beats à tendances hip hop ou drum'n'bass et de nombreux scratch ou samples étoffent les morceaux. Ce son est en plein essor avec une scène française très développée.
o Dub Hybrid : le dub n'est plus qu'un prétexte, une base sonore (tenue par la ligne de basse) pour fusionner avec tous les autres genres musicaux. Nous voyons ainsi apparaitre de nombreux groupes fusionnant par exemple avec le metal, le smooth jazz ou la musique traditionnelle orientale.
o Dub Step : le dubstep s'est développé sur la base d'atmosphères urbaines et futuristes avec des polyrythmes sur un tempo généralement situé entre 130 et 140 bpm. La prédominance des fréquences dites "sub-basses" permet à cette musique d'être autant perceptible par les oreilles que par le reste du corps.
Les Artistes :
o Dub Poetry : Linton Kwesi Johnson, Mutabaruka, Benjamin Zephaniah, Afua Cooper, D'bi Young.
o Dub Instrumental : The Crystalites.
o Dub Stepper : Mad Professor.
o Dub Ambient : The Orb.
o Dub Techno : Basic Channel, Convextion, Echospace, Maurizio, Rhythm & Sound...
o Dub Step : Kode9, Plastician, MarkOne, N-Type, Vex'd et Blackdown...
Source Principale : Wikipedia
